Sous la verrière du Cinquantenaire, 130 ans de passion automobile rugissent encore
À Bruxelles, le Palais du Cinquantenaire ne conserve pas seulement des pierres et de la toile. Sous ses voûtes métalliques de 1880, plus de 300 véhicules retracent l’épopée mécanique du monde. À l’heure où l’automobile change de paradigme, plongée dans un sanctuaire bruxellois qui célèbre quatre décennies d’histoire.
BRUXELLES — Dès le franchissement des imposantes portes du Palais du Cinquantenaire, une odeur subtile et inimitable accueille le visiteur : un mélange de cuir patiné, de cire et d’huile mécanique douce. Loin du bruit assourdissant des boulevards de la capitale, la lumière traverse l’immense verrière construite sous le règne de Léopold II pour baigner d’une lueur dorée des carrosseries rutilantes. Bienvenue à Autoworld, l’un des plus impressionnants sanctuaires mondiaux consacrés à l’histoire de la mobilité.
Un écrin de fer et de verre pour une mémoire roulante
Le décor impressionne avant même le premier véhicule. Érigé en 1880 pour célébrer le demi-siècle de l’indépendance belge, le bâtiment offre une architecture industrielle d’une élégance rare. Ses voûtes métalliques de style Eiffel surplombent un espace de plus de 12 000 mètres carrés où reposent plus de 300 témoins de l’ingéniosité humaine.
Ici, la chronologie se contemple pas à pas. Le parcours débute par les précurseurs : calèches hippomobiles, premiers moteurs à vapeur et tacots pétaradants de la fin du XIXᵉ siècle. Très vite, la courbe du design s’accélère. Des lignes aristocratiques des années 1920 aux formes profilées du streamline des années 1930, chaque décennie raconte autant l’histoire des arts décoratifs que celle de la technologie.
Quand la Belgique régnait sur le luxe automobile
Au cœur de la collection, une section captive particulièrement l’attention des passionnés d’histoire : les joyaux de la carrosserie belge. On l’oublie souvent, mais au début du XXᵉ siècle, la Belgique figurait parmi les nations leaders de la construction automobile de prestige.
Les modèles présentés en apportent la preuve éclatante. La marque Minerva, surnommée la « Rolls-Royce belge », habillait les têtes couronnées et les stars hollywoodiennes de l’époque. À ses côtés, les modèles Imperia témoignent des audaces techniques d’un pays à la pointe de l’innovation. Découvrir ces véhicules sous les voûtes bruxelloises rappelle combien l’artisanat local a façonné l’âge d’or du transport individuel.
« Minerva habillait les têtes couronnées et les stars hollywoodiennes avec la précision des plus grands couturiers de la mécanique. »
Un musée vivant tourné vers la cité
Si Autoworld fascine, c’est qu’il refuse d’être un simple conservatoire de métaux immobiles. Le musée s’est affirmé comme une institution dynamique, multipliant les expositions thématiques temporaires — du sport automobile aux rétrospectives consacrées aux designers visionnaires.
Plus qu’un voyage dans le passé, l’institution s’inscrit au cœur de la vie bruxelloise. En faisant régulièrement sortir certains véhicules d’exception pour des rallyes patrimoniaux ou des événements urbains originaux, Autoworld prouve que le patrimoine automobile reste une matière vivante, capable de rassembler les générations autour d’une fascination partagée pour l’aventure humaine.
Source : https://www.brusselsmuseums.be/en/museums/autoworld-brussels